lundi 27 mars 2017

Avant-propos





Le Bhaktimàrga

La voie de la dévotion

commentaires de Sri Hans yoganand ji





La Voie est un moyen d'accomplir le propos de votre vie. Un pratiquant de La Voie retrouve son enseignement à la lecture de livres tels que le “chant du bienheureux” (Bhagavad-Gîtà), le Tao-Te-king, l'évangile de Jésus, le Guru Granth Sahib, le Yogasûtra et le Bhaktimàrga.

Pour ceux qui n'ont pas reçu la Révélation et qui ne pratiquent pas les trois piliers ni n'observent l'agya, ce n'est sans doute pas évident, pourtant la parenté est flagrante, surtout sur les versions de ces textes réécrits, retraduis à la lumière de La Voie. Leur lecture ne laisse aucun doute quant à la parfaite identité de ces différents enseignements, au delà des langues et des contextes historiques particuliers à chaque pays.

Les spécialistes en spiritualité d'origine indienne connaissent le “trimàrga” ou “voie vers la Libération” et ses différents composants, le jnana, le Karma et le bhakti-yoga. Mais ces mêmes spécialistes ne connaissent pas La Voie et la Connaissance qui leur est pourtant antérieure et les a inspiré. La Voie est peu connue sous ce nom en occident.

Chacun des trois yoga du trimàrga a une Sadhàna qui se propose d'amener le yogi à la Libération. La Voie a aussi un socle de pratiques, une Sadhàna, composé des trois piliers et de l'agya.

La Voie, ce nom est récent sous cette forme, mais on trouve des traces de sa pratique sur des iconographies et poteries datant de cinq milles ans avant notre ère dans des fouilles archéologiques des bords de l'Indus, au Pakistan actuel (Mohenjo-Daro).

Pour certains archéologues, les traces retrouvées prouveraient, tout au plus, qu'à cette époque, dans cette civilisation, on pratiquait une forme de méditation, sinon de yoga. Pour un initié à La Voie, les postures et les symboles qui entourent les artefacts retrouvés durant ces fouilles disent, sans l'ombre d'un doute, que dans cette civilisation de l'Indus on pratiquait La Voie.

Quand on voit, sur une poterie, un homme assis jambes croisées sur un socle haut, posé sur trois pieds, on ne peut s'empêcher de penser aux trois piliers sur lesquels repose la pratique de La Voie. Les dates de la fin de cette civilisation et du début du védisme correspondent et les Aryens, dans leur migration progressive vers le Nord de l'Inde, amenant avec eux le Sanskrit, rencontrèrent, dans le Cachemire actuel, un enseignement délivré par les exilés, les enfants, les descendants de la civilisation fraîchement disparue à cause d’événements assez brutaux, comme des tremblements de terre et le détournement d'un fleuve (Sarasvati).

Certaines spiritualités et religions indiennes ou chinoises sont ce qui reste de La Voie une fois que les porteurs du message ont disparus. Quand la parole vivante se tait, les hommes transforment son message au fur et à mesure des années qui passent. La transmission se faisant souvent de bouches à oreilles -comme pour le bouddhisme durant 450 ans- avant d'être écrite, vous imaginez les distorsions du message d'origine.

Des faits sont magnifiés et de récits ils deviennent des légendes pleines de miracles chargées de considérations socio-culturelles, historiques et politiques qui cachent les perles de la vérité au milieu d'un tas de cailloux. Par exemple pour les évangiles: au milieu des citations des paroles du Christ, les rédacteurs des évangiles, au fur et à mesure de la montée ''en-puissance'' de la chrétienté, ont incorporé des considérations morales qui n'étaient pas du Christ et relaté des miracles dans le but d'impressionner les chrétiens.

Pour la Bhagavad-Gîtâ, les hindouistes l'ont récupérée en l'incorporant, artificiellement, dans une ancienne épopée historique, le Mahabharata. Ils ont fait en sorte que le maître de cet enseignement, dont le “chant du bienheureux” était la narration; soit oublié au profit de personnages mythiques, d'essence divine, comme Krishna, Arjuna et tous les membres des familles en conflit dans le Mahabharata.

Le Bhaktimàrga est le livre de La Voie

Il a été rédigé par un maître de La Voie, d'une traite, après un samadhi. Des références à d'autres livres sont incluses, en référence à l'enseignement commun car il n'y a qu’une voie, s'il y a plusieurs livres qui en parlent.






 

Première partie 1-1: L'Un






1-1-1

L'Un est Roi et Royaume, non-né éternel régnant sur tout

Celui qui est ainsi nommé, L'Un, est Dieu évidemment ou, si le mot Dieu vous gêne, le Tao. Il est en même temps le Roi et son Royaume parce qu'il n'y a que Lui. Il est éternel parce que non-né. Tout ce qui  nait disparaît mais L'Un n'est jamais né et ne peut donc disparaître.

1-1-2

Infiniment grand et petit, il y a de L'Un en tout

Qu'il y ait de L'Un en tout ne signifie pas que Dieu tout entier est en tout et, donc, que Dieu tout entier est en nous. Il y a de la plage en chaque grain de sable ce qui ne veut pas dire que la plage est dans chaque grain.

1-1-3

En voyant toutes choses réunies, au comptage impossible
Tu ne vois de L'Un qu'une infime partie

La somme de tout ce qui compose la Création ne représente qu'une infime partie du Tout. Dieu est infini, ce qui signifie qu'on ne peut l'appréhender tout entier.

1-1-4

Sans limites, contenant, contenu, L'Un est en toutes choses

Les limites physiques apparentes qu'il y a entre les choses et les êtres n'en sont pas pour l'essence de L'Un en tout contenue. Ce qui sépare les êtres et les choses, ce vide apparent, est aussi plein de lui. La vacuité n'est pas vide de Lui. Dans la méditation profonde on connaît cette vacuité et on constate qu'elle est pleine, pleine de Lui.

1-1-5

Le regard en conscience voit L'Un en tout
Celui de l'illusion ne voit que formes

Le regard en conscience est celui du méditant, pratiquant une voie fondamentale, qui sait comment aller profond en lui, pour trouver cette vacuité si pleine de la béatitude (le Christ disait le Royaume) et ces visites répétées ouvrent ses yeux, sa conscience de telle façon qu'il peut voir l'essence, l'Un en toutes choses et en tous êtres, L'Unité dans le multiple.

1-1-6

Le Saint-Nom ne peut se dire
L'écouter c'est entrer au Royaume

Le Saint-Nom  ou Esprit-Saint, dont il est question ici n'est pas un nom que l'on peut écrire ni que l'on peut dire. Il est la force de L'Un, ce que les taoïstes désignent par “vertu du Tao. Si on ne peut le dire ni l'écrire on peut l'entendre et l'écouter, quand on nous a montré comment faire, et c'est l'une des quatre techniques de La Voie.

En l'écoutant on peut entrer dans un état de béatitude allant de la ''simple'' sérénité, le sourire-intérieur, au samadhi, en passant par la conscience de la béatitude, ce qui est le Royaume dont le Christ parlait. Il disait que ce Royaume était à l'intérieur de nous et qu'il fallait y venir à la manière des petits enfants.

1-1-7

L'Un est le dehors et le dedans,
L'eau de la rivière et son lit
Le vent et le ciel, le vide et le plein

Nous avons déjà vu qu'il y avait de L'Un, de son Saint-Nom ou Verbe en toutes choses, même dans l'espace qui sépare les choses, L'Un est donc le dehors et le dedans, le vide et le plein.

1-1-8

Tout naît du non-né venu de nulle part
Sans fin, tout début vient de L'Un, toute fin s'y retrouve

Le non-né est L'Un, éternel et tout provient de Lui. Le big-bang, si cher aux physiciens, est issu de Lui et tout retourne à Lui.

1-1-9

De toutes choses, ici et ailleurs
Visibles comme invisibles
L'Un est l'origine et la fin

1-1-10

L'Un est le feu et la pierre, l'océan et le poisson
Il contient tout, mais rien ne le contient

Dire que Dieu est en nous parce qu'une étincelle de Sa force nous habite et fait de nous ce que nous sommes est faux, une vanité de l'ego-spirituel qui dit: ''je n'ai pas besoin d'un guide puisque j'ai Dieu en moi, c'est lui qui me guide'' mais la goutte d'eau ne contient pas l'océan pas plus que le grain de sable le désert tout entier.

1-1-11

L'Un est depuis, et pour toujours, tout entier dans l'instant

L'instant est le temps de L'Un, le moment-présent est éternel. Combien dure l'instant présent ? Il dure toujours et il dure depuis toujours. Il a ceci de commun avec L'Un qu'il n'est jamais né et qu'il ne mourra jamais. Même si des yeux se ferment et ne le voient plus, il ne disparaît pas pour autant. L'Un et l'instant sont une seule et même source.

1-1-12

L'Un est le un et le deux, Créateur et créature
Roi et Royaume, ciel et terre, dehors et dedans

1-1-13

L'être créé a de L'Un en lui
Mais L'Un en entier n'est pas en son dedans

Une goutte de pluie n'est pas l'océan pas plus qu'un être-humain n'a Dieu en lui. Il a de Dieu, une étincelle de Sa Force, de Son Saint-Nom ce qui ne veut pas dire qu'il est Dieu ni que Dieu lui parle, le dirige de l'intérieur.

1-1-14

L'Un est cause et conséquence

L'Un est tout, alors s'il est cause, il est aussi conséquence. Il ne se peut rien hors de Lui et ce qui nous paraît dur, cruel parfois, comme la mort d'un enfant en bas âge, est sa Lilà, son jeu divin. La mort est triste à nos yeux inconscients mais pour L'Un elle n'existe pas.

1-1-15

Le Verbe est L'Un contenu

Le Verbe, ou Saint-Nom, ou Esprit-Saint ou “vertu du Tao” est L'Un contenu en ce sens qu'il est en chaque être vivant. L'être est son contenant et cette étincelle de L'Un, qui donne vie à toutes choses, est son essence.

1-1-16

L'Un est la Parole que l'on ne peut dire, le Saint-Nom entendu

Cette parole, ce Verbe, ce Saint-Nom, cet Esprit-Saint ou Satnam est encore cette essence contenue qui donne et qui maintient la vie. Il ne peut se dire ( le Saint-Nom) pas plus que s'écrire mais il est possible de l'entendre et de l'écouter. Une des quatre techniques révélées de La Voie le permet dans la méditation.

1-1-17

L'un est Nectar, lumière et les deux sons
Il est aussi Musique et dans l'homme l'aptitude

Le Nectar est nommé Khechari-Mudra dans le livre classique Dhyanabindu Upanishad. Le Nectar est connu, du moins son nom, par ceux qui s'intéressent à la mystique indienne, yoga ou sikhisme. Guru Nanak parle du Saint Nectar. Le Nectar comme le Verbe ou Saint-Nom et la Lumière-intérieure sont des manifestations de L'Un qu'il est possible de percevoir en retournant nos sens en dedans.

La Lumière est décrite dans la Gheranda-Samhita, section des Mudras, sous le nom de Shambhavi-Mudra, au verset 59: ''Dirigez votre regard vers un point situé au centre de la ligne des sourcils, et méditez sur votre soi. Cette technique s'appelle Shambhavi Mudra, la plus secrète des pratiques des Écritures tantriques''. Cette description ne dit rien de la technique. Celle-ci est révélées au cours de l'initiation. Le ou la nouvelle disciple peut ensuite la pratiquer seul chez elle ou chez lui.

Il y a les quatre techniques pour ça. Les deux sons ont à voir avec la technique de méditation dite du Saint-Nom. La Musique est une des manifestations intérieures du Verbe que l'on peut-entendre avec la technique dite ''de-la-musique''. L'aptitude de l'homme est sa potentielle capacité à percevoir ces manifestations et à observer une Sadhàna, une voie menant à sa réalisation.

1-1-18

Le Verbe vient de L'Un et L'Un demeure en Son Royaume

Verbe est un autre mot pour dire Saint-Nom. Le Royaume de L'Un et L'Un sont confondus, quand on touche à L'Un on touche à l'autre. C'est tout l'objet de la spiritualité.

1-1-19

L'Un, Son Verbe est dans la forme et en dehors

1-1-20

Le Verbe est Lumière depuis toujours, Sa Musique se joue
Et dit Sa Volonté au monde tout entier

Il est, ici encore, question de ces manifestation du Saint-Nom. Chacune de ces manifestations peut se percevoir à l'aide des techniques de méditation révélées (au nombre de quatre, une par manifestation). 

1-1-21

L'Un n'a pas de début, le début vient de Lui
Chaque être a le Verbe et le Verbe est sa vie

1-1-22

Le Verbe, par le souffle, vient à l'être crée
Lui donner la Vie, la gardant contenue

Du premier souffle au dernier, la vie vient de l'inspiration et s'en va dans le dernier souffle. La respiration est un cadeau sans cesse offert. Chaque fois qu'à une expiration succède une inspiration la Grâce continue à nous garder vivant. Le prànàyàma est une tentative d'accorder à ce souffle toute l'attention qu'il mérite. Pourquoi tentative ? Parce qu'il ne s'agit pas de maîtriser le souffle, comme souvent dans les techniques du prànàyàma,  mais tout au contraire de se laisser aller en lui. C'est toute la différence entre les techniques du prànàyàma et celles de La Voie.

1-1-23

À partir de poussières la Vie t'es venue, portée par le souffle

1-1-24

Le Verbe est le souffle qui va et qui vient
Qui entre et qui sort, tout en restant dedans

Il est ici aussi question du souffle qui va et qui vient, l'inspire et l'expire, qui entre et qui sort tout en restant dedans. S'il sortait complètement nous serions désincarnés. La vie vient, comme le souffle, bien au delà et au deçà de la respiration. Dans la méditation très profonde, que certains nomment samadhi, on voit bien que le souffle commence bien avant d'entrer dans le corps et continue bien après.

1-1-25

Il y a beaucoup de bruits discordants
Fais silence et entends la perfection du souffle

La méditation formelle est friande de silence, si le service (un des trois piliers de La Voie) peut se pratiquer n'importe où. Tourner ses sens vers l'intérieur c'est déjà de ne rien entendre ni voir de l'extérieur. Bouchez-vous les oreilles et respirez, ainsi vous entendrez mieux le souffle. La technique de méditation précise est donnée le jour de la Révélation.

1-1-26

En toi le souffle te donne la Grâce d'être vivant

1-1-27

Le miracle du souffle t'emplit de Vie
Il va et il vient sans cesse et jusqu'au bout

Du premier au dernier souffle la Grâce de la respiration te garde vivant. En avoir conscience est déjà le début de la sagesse, de la béatitude et de la réalisation.

1-1-28

Saint-Nom, Verbe, Satnam qu'importe
Il prend la conscience qui s'offre et lui donne la Paix

La conscience qui s'offre est celle qui se plonge dans la méditation profonde, ignorant les pensées, les sentiments et le corps. Quand cette démarche de don de soi aboutit, la paix du dedans est ressentie fortement. C'est la béatitude. Sans le don de ''soi'', c'est impossible, d'où l'importance d'apprendre l'humilité et le lâcher-prise, le détachement.

1-1-29

Le Verbe est Lumière qui brille à l'intérieur en éclairant l'Esprit

Après avoir reçue la Révélation des quatre techniques et en pratiquant celle dite ''de-la-lumière'' on sait que le Verbe, ou Saint-Nom, est aussi Lumière et quel éclairage elle donne à l'esprit !

1-1-30

Lumière de jour, de nuit, de toujours
Le Verbe chasse les ténèbres de l'âme confuse

Évidemment que la Lumière-intérieure est visible même la nuit. Par elle le Verbe chasse les ténèbres de l'ignorance de l'âme qui la contemple. Mais elle ne chasse pas définitivement, en une fois, ces ténèbres. Si vous éteignez la Lumière, les ténèbres reviennent. Comment éteindre la Lumière ? En quittant la Voie, en ne pratiquant plus les trois piliers. La Lumière ne s'éteint pas mais la conscience ne la voit plus et pour elle c'est comme si elle s'était éteinte.

1-1-31

La Lumière est le Verbe que l'on voit l'œil ouvert
Quand les yeux sont fermés

C'est toujours cette histoire que pour voir avec les sens intérieurs il faut retourner les sens extérieurs. Pour entendre la Musique il faut cesser d'écouter les sons du dehors et pour voir la Lumière-intérieure il faut cesser de regarder la lumière du dehors. Les techniques de méditation révélées visent à faire cela. L’œil ouvert est le troisième œil. Il est la lampe du corps, comme il est dit dans les évangiles.

1-1-32

Les ténèbres, l'ignorance, la souffrance
Disparaissent où brille la Lumière de la Connaissance

La Connaissance dont il est question ici est la Connaissance non-apprise, ou révélée et pas les connaissances livresques, Smriti. La Voie, sa pratique est à l'origine de l'école Sàmkhya qui était celle des rédacteurs du Yogasûtra. Cette Connaissance est une connaissance intime...biblique dans le sens que l'on donnait en disant de deux amants qu'ils se connaissaient bibliquement. La Lumière de cette Connaissance est une vraie Lumière, que l'on peut voir avec ses yeux fermés.

1-1-33

Dans l'étincelle la Lumière tout entière
Brille quand chante le Saint-Nom

Ce verset dit que même un peu de Lumière c'est la Lumière et que ça suffit à faire disparaître les ténèbres. Une allumette suffit à voir dans les ténèbres. "Quand chante le Saint-Nom" est une bien jolie image pour parler de la technique du Saint-Nom et de celle de la Musique. La Musique-intérieure entendue en pratiquant la technique appropriée est comme si le Saint-Nom chantait.

1-1-34

Aucun livre aucun manuel aucun savant
N'en montre autant qu'un instant de Lumière

Toujours dans l'esprit de la Connaissance révélée, un instant de méditation sur la Lumière-intérieure fait comprendre plus que n'importe lequel des livres qui ont été écris depuis les débuts de l'écriture.

1-1-35

Ferme tes yeux et vois la Lumière

N'importe qui, même sans avoir reçue la Révélation des quatre techniques de La Voie, peut voir briller la Lumière en lui, à partir du moment où il ferme les yeux et regarde fixement droit devant lui. La technique révélée favorise considérablement ce phénomène et permet de méditer plus facilement et plus profondément. Tout est déjà en vous, l'initiation ne met rien, en vous, qui n'y était déjà. Mais les techniques sont d'une grande aide pour ceux qui veulent aller profond.

1-1-36

Le Verbe et la Lumière ne sont qu'un issu de L'Un
Contenu en chaque être vivant

L'énergie de vie que donne L'Un se manifeste par le Verbe, ou Saint-Nom comme par la Lumière-intérieure et chaque être vivant, végétal, insecte, champignon, animal a ce Verbe et cette Lumière en lui.

1-1-37

La Lumière brille même pour l'aveugle perdu
Qu'il regarde en dedans, il verra et se retrouvera

Ce verset dit bien à quel point la Lumière-intérieure est intérieure: même un aveugle peut la voir. C'est par cette Lumière que le Christ rendait la vue aux aveugles. Cette vision était intérieure, pas extérieure. Il y a également des personnes qui ne sont pas aveugles et qui, pourtant, le sont: leur conscience l'est et quand ils voient la Lumière de l'âme, en méditation, ils retrouvent la vue, la vue intérieure.

1-1-38

Si on te demande d'où es-tu
Réponds de la lumière qui est née d’elle-même

Citation du Christ. Cette Lumière est une des manifestations du Verbe et tout vient du Verbe...''au début était le Verbe...'' Personne n'a crée la Lumière donc, cette Lumière est L'Un et L'Un est la Lumière. Lumière-intérieure et lumière extérieure car le dedans et le dehors ne sont que d'une seule dimension, celle de L'unité.

1-1-39

Contemple la Lumière de L'Un connais Sa profondeur
Elle est ton accomplissement

Cette Lumière est au début et à la fin de tout et nous sommes une partie du tout. C'est dans cette Lumière que l'on va après la désincarnation et à la Libération des chaînes des incarnations. C'est dans cette Lumière que l'âme se fond dans le nirvikâlpa-samadhi ou extase.

1-1-40

Le Verbe Lumineux joue une Musique audible
Quand le silence prend toute sa place

Les différentes manifestations intérieures du Verbe sont réunies et ne forment qu'une unité. Pour écouter la Musique-intérieure il faut le silence. La technique de méditation ''de-la-musique'' aide à trouver ce silence, donc cette Musique. Dans un endroit très silencieux on entend cette Musique intérieur comme si elle se jouait dehors. Souvent il s'agit de cloches, comme des carillons mélodieux, ce peut être d'autres sons. Ne pas confondre avec les acouphènes ni avec le son du sang qui bat dans les tempes.

1-1-41

Des carillons sonnent et personne n'en joue
Leur Musique donne à l'âme l'Amour qu'elle réclame

Justement il était question de ces carillons plus haut ! La Musique est appelé Nada. La pratique de cette technique est baptisée Nada-Yoga. Citation de la Gheranda Samhita à la gloire de la technique de la Musique, aussi nommée “le Son”, section Pranayama, versets 77-81: "A minuit, lorsque le silence est total, fermez vos oreilles en utilisant vos deux mains, et pratiquez Purak Pranayama.

Écoutez les sons agréables qui viennent dans votre oreille droite. Le premier son sera celui du chant d'un oiseau, le second celui d'une flûte, le troisième celui d'une nuée, le quatrième celui du criquet, le cinquième celui d'une cloche qui sonne, puis celui d'un gong métallique. Vous entendrez peut-être aussi des sons de trompette, de tambour etc.

Si vous pratiquez quotidiennement, il vous sera donné d'entendre beaucoup d'autres sons. Ces sons sont Anahata [non produits] et ils surgissent d'eux mêmes. Nada est en rapport avec la lumière. La lumière est en rapport avec la conscience [ou Esprit]. L'esprit se plonge donc dans un son qui est le siège du Seigneur. La pratique de Bhramari [technique de la Musique] donne donc le Siddhi [accomplissement] du Samadhi, ou autrement dit il donne la possibilité de rencontrer le samadhi.''

1-1-42

Tu crois que des anges jouent de leurs instruments
Quand le Verbe se fait entendre

C'est encore une allusion à la Musique-intérieure, Nada, seulement ceux qui ont déjà entendu ces sons, volontairement ou non, savent de quoi il retourne. Les initiés à La Voie le savent encore plus car ils ont la technique de méditation permettant d'entendre ces sons, cette Musique, quand ils la pratiquent même s'il arrive qu'en pratiquant cette technique ils ne l'entendent pas: la technique est importante mais l'essentiel est la posture intérieure, c'est à dire l'état d'esprit où l'on est quand on pratique. Les techniques de méditation de La Voie ne sont pas des postures du corps ni des mantras.

1-1-43

La Musique du Verbe est le son du silence
Qu'entendent ceux qui se taisent et s'oublient pour l'Amour

1-1-44

Les âmes dévotes goûtent le Nectar
Qui coule en leur dedans et les jette en pranam

Goûter au Nectar est rarissime, même pour un initié et ça se passe comme par magie, c'est véritablement une Grâce. Quand on goûte au Nectar on est irrésistiblement poussé en pranam (prosternation), les yeux pleins de larmes tant est forte l'expérience d'Amour ressenti. Mais sans le goûter on peut sentir un parfum, comme venu du dehors, qui est un peu comme le jasmin ou le musc du cerf qui cherche la source de ce qu'il secrète lui-même.

1-1-45

Le Verbe, la Lumière, la Musique, le Nectar
Sont les quatre faces de la vie contenue dans les êtres

Toutes ces manifestations possibles sont issues d'une même source: le Saint-Nom ou Verbe nom donné à ce que pourtant on ne peut nommer. Le Saint-Nom est ce que l'être humain peut percevoir de L'Un avec les moyens qui sont les siens.

1-1-46

Le Christ a dit que
Si le Royaume était dans le ciel, les oiseaux te devanceraient
Que s'il était dans la mer, les poissons te devanceraient
En vérité le Royaume est en toi

Il faut aussi ajouter qu'il a finit en disant que c'était en soi et en dehors de soi mais où est-ce le plus facile, le plus près de le chercher ? En dehors de soi ou en dedans ? Évidemment c'est en dedans.

1-1-47

L'Un et sa Création ne Sont qu'Un
La Voie parfaite est le chemin du Royaume

Qu'est-ce qu'une voie parfaite ? C'est une voie qui vous permet d'aller en soi, trouver la porte du Royaume, une voie où les concepts, les théories n'ont pas de place. Un bon arbre porte de bons fruits, une voie parfaite des fruits parfaits.

1-1-48

L'Homme, la Terre et le ciel vivent par la Grâce de L'Un
Mais L'Un existe par Lui-même

1-1-49

Tous les êtres sont en L'Un et rien de créé n'est Lui
Il y a de L'Un en eux, mais eux ne sont pas Lui

Toute la création est faite de la ''pâte'' divine mais pas plus qu'un pot en argile n'est l'argile toute entière, une créature n'est son créateur et quand l'âme de la créature retourne, en toute conscience, à son créateur elle ne devient pas son créateur mais une créature fondue dans la béatitude. Une fourmis n'est pas toute la fourmilière.

1-1-50

De même que dans l'air souffle le vent
En L'Un se tiennent tous les êtres